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: 29/02/2008

:     03, 2008 12:40 am

e franais est une langue romane. Sa grammaire et la plus grande partie de son vocabulaire sont issues des formes orales et populaires du latin, telles que lusage les a transformes depuis lpoque de la Gaule romaine. Les Serments de Strasbourg, qui scellent en 842 lalliance entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, rdigs en langue romane et en langue germanique, sont considrs comme le plus ancien document crit en franais.

Au Moyen Âge, la langue franaise est faite dune multitude de dialectes qui varient considrablement dune rgion une autre. On distingue principalement les parlers dol (au Nord) et les parlers doc (au Sud). Avec ltablissement et laffermissement de la monarchie captienne, cest la langue dol qui simpose progressivement.

Mais on peut dire que la France est, comme tous les autres pays dEurope cette poque, un pays bilingue : dune part, la grande masse de la population parle la langue vulgaire (ou vernaculaire), qui est aussi celle des chefs-duvre de la littrature ancienne (la Chanson de Roland, le Roman de la rose...) ; dautre part, le latin est la langue de lÉglise, des clercs, des savants, de lenseignement, et cest aussi lidiome commun qui permet la communication entre des peuples aux dialectes plus ou moins bien individualiss.

Malgr la progression continue du franais, cette coexistence se prolonge jusquau XVIIe sicle, et mme bien plus tard dans le monde de lUniversit et dans celui de lÉglise.





extension de lusage du franais (et, qui plus est, dun franais qui puisse tre compris par tous) est proportionnelle, pour une large part, aux progrs de ladministration et de la justice royales dans le pays. Inversement, lessor de la langue franaise et la gnralisation de son emploi sont des facteurs dterminants dans la construction de la nation franaise.



Jugeant que la concurrence de langlais, mme dans la vie courante, reprsentait une relle menace pour le franais et que les importations anglo-amricaines dans notre lexique devenaient trop massives, les autorits gouvernementales ont t amenes, depuis une trentaine dannes, complter le dispositif traditionnel de rgulation de la langue.

À partir de 1972, des commissions ministrielles de terminologie et de nologie sont constitues. Elles semploient indiquer, parfois mme crer, les termes franais quil convient demployer pour viter tel ou tel mot tranger, ou encore pour dsigner une nouvelle notion ou un nouvel objet encore innomms. Ces termes simposent alors ladministration. On ne dit plus tie-break mais jeu dcisif, baladeur remplace walkman, logiciel se substitue software, etc.

e fondant sur ce principe, la loi du 4 aot 1994, dite loi Toubon , largit les dispositions de la loi de 1975. Le dcret du 3 juillet 1996 institue une nouvelle commission gnrale de terminologie et de nologie ; il toffe le dispositif denrichissement de la langue franaise, laccord de lAcadmie franaise devenant indispensable pour que les termes recommands soient publis, avec leurs dfinitions, au Journal officiel. La magistrature morale de lAcadmie se trouve ainsi confirme par le droit, pour le plus grand bnfice des instances et organismes impliqus dans la dfense de la langue franaise.





n 1984, le Premier ministre cre une commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activits des femmes . Le dcret indique notamment que la fminisation des noms de professions et de titres vise combler certaines lacunes de lusage de la langue franaise dans ce domaine et apporter une lgitimation des fonctions sociales et des professions exerces par les femmes .

LAcadmie franaise, qui navait pas t consulte, fait part de ses rserves dans une dclaration prpare par Georges Dumzil et Claude Lvi-Strauss. Elle dnonce en particulier le contresens linguistique sur lequel repose lentreprise : il convient de rappeler que le masculin est en franais le genre non marqu et peut de ce fait dsigner indiffremment les hommes et les femmes ; en revanche, le fminin est appel plus pertinemment le genre marqu, et la marque est privative. Elle affecte le terme marqu dune limitation dont lautre seul est exempt. À la diffrence du genre non marqu, le genre marqu, appliqu aux tres anims, institue entre les deux sexes une sgrgation. Aussi la fminisation risque-t-elle daboutir un rsultat inverse de celui quon escomptait, et dtablir, dans la langue elle-mme, une discrimination entre les hommes et les femmes. LAcadmie conteste enfin le principe mme dune intervention gouvernementale sur lusage, jugeant quune telle dmarche risque de mettre la confusion et le dsordre dans un quilibre subtil n de lusage, et quil paratrait mieux avis de laisser lusage le soin de modifier .

Le rapport de la commission a t remis au Premier ministre en octobre 1998. Il rappelle quune intervention gouvernementale sur lusage se heurterait trs vite des obstacles dordre juridique et pratique, et quon peut douter, de toute faon, quelle soit suivie deffet. Il tablit une nette diffrence entre les mtiers dune part (o les formes fminines sont depuis toujours en usage et ne posent pas de problme particulier), et les fonctions, grades ou titres dautre part, qui doivent tre clairement distingus de la personne. La fonction ne peut tre identifie la personne qui loccupe, le titre la personne qui le porte, etc. ; pour cette raison, lutilisation ou linvention de formes fminines nest pas souhaitable.
    
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